La
comptabilité est souvent vue comme quelque chose de compliqué. Elle fait peur
et cela constitue une bonne raison pour le dirigeant de ne pas s’y impliquer.
Bien sûr que comme toute technique, quand on rentre dans les détails, cela
implique de la formation et de la compétence. Toutefois, les principes de base
sont simples. Leur compréhension permet d’avoir une grille de lecture, bien
souvent suffisante pour comprendre ce qui se passe. Voyons ces principes :
Tout
d’abord, il faut rappeler que lorsque vous constituez une société, même avec un
seul actionnaire, vous créez un être juridique distinct de l’actionnaire.
L’argent que vous investissez en capital ou en compte courant ne vous
appartient plus. La société en est propriétaire. Comme toute personne (morale
ou physique) elle a des biens et elle a des dettes. A titre personnel vous êtes
propriétaire d’une maison, vous avez vendu votre voiture, mais vous n’avez pas
encore été réglé, vous avez du cash à la banque. En tant que société, cela
correspond à l’actif de votre bilan, respectivement : une immobilisation,
un compte client, un compte de banque. Il en est de même pour vos dettes :
l’emprunt sur la maison, et l’achat du frigo non encore payé. Cela correspond
pour une société au passif du bilan avec les emprunts et les comptes
fournisseurs. Les fonds propres (le capital et les résultats non
distribués) sont au passif, car la société étant un être indépendant, ils
correspondent à de l’argent que la société doit aux actionnaires.
Toute
écriture comptable a deux parties (débit et crédit). Une écriture c’est un
mouvement dans l’activité de votre société. Comme tout mouvement, il y a un
point de départ, et un point d’arrivée. L’écriture a donc un débit et un
crédit. Le débit est toujours égal au crédit puisque l’on parle de la même
chose. Dans un tableau, le débit se positionne à gauche, et le crédit à droite.
Le débit est un plus, le crédit est un moins. C’est purement conventionnel,
mais c’est toujours comme cela. Les biens de la société (immobilisations,
comptes clients …) sont à l’actif, à gauche du bilan. Ils sont au débit de
l’écriture. Les dettes de la société (capital, fournisseurs, emprunts…) sont à
droite du bilan, donc au crédit.
Il y
a 4 grands types d’écriture comptable :
* Opération
d’activité : la société effectue une opération professionnelle :
achat de matières premières, fabrication d’une pièce, vente de produit … Nous
sommes là dans l’exploitation de l’entreprise. L’écriture touche le bilan et le
compte de résultats. Si l’entreprise vend, elle crée de la richesse. Cela se
traduit par un bien qui vient se rajouter à l’actif du bilan (créances, ou cash
selon que le client règle comptant ou pas), la contrepartie c’est la vente qui
s’enregistre au crédit du compte de résultats. L’achat est tout à fait
l’inverse : dette (crédit au bilan) charges (débit aux résultats).
* Opération de cash : votre société règle ou est réglé par un tiers. La
société ne produit ou n’achète rien. Cela n’a donc pas d’impact sur le compte
de résultats qui, sur une période, enregistre votre activité comme si c’était un
film. C’est une écriture entre deux postes du bilan. Il vient traduire le
changement de l’état de vos biens. Un client vous règle : vous n’avez plus
de créance sur ce client, mais vous avez de l’argent à la banque. La créance
était un débit du bilan. Pour l’annuler, vous allez diminuer le compte client
(crédit) et augmenter la banque (débit).
*
Opération d’investissement : votre entreprise achète une immobilisation
(une machine). C’est un investissement, car il est là pour plusieurs années. Un
investissement c’est un bien pour l’entreprise cela va donc à l’actif du bilan.
L’écriture va donc enregistrer un débit pour constater l’acquisition du bien
(dans un compte d’immobilisation du bilan). La contrepartie est forcément un
crédit qui est le constat de la dette de l’entreprise au passif.
*
Allocation de charges : Vous avez investi dans une immobilisation. Tous
les ans, elle vous sert à votre activité. Votre entreprise va répartir le coût
de l’acquisition sur le nombre d’années théoriques de vie de l’entreprise.
C’est l’amortissement. L’objectif c’est de garder l’immobilisation à l’actif du
bilan (sa valeur brute), de diminuer sa valeur par l’amortissement pour
constater une charge en résultats. La valeur nette va diminuer progressivement
pour atteindre zéro. Dans le bilan, l’immobilisation sera toujours présente,
mais sa valeur sera ramenée à zéro. L’écriture est donc une diminution de
l’actif (un crédit) et la constatation d’une charge (un débit).
La
compréhension de ces principes de base vous permettra d’analyser toutes les
écritures que peut passer votre comptable. Débit / Crédit ce n’est pas compliqué.
Tout le monde peut comprendre, c’est donc à la portée de tous les chefs
d’entreprise. Alors, investissez un peu de temps et formez-vous !!!
Michel
Pivot (24 septembre 2013)
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