mardi 4 février 2014

Mandat Ad Hoc, conciliation, RJ … que choisir ?

Quand l’entreprise commence à avoir des problèmes, que les nuages s’amoncellent, il ne faut pas faire l’autruche. Les soucis qui s’accumulent, ce ne sont pas comme les nuages qui peuvent partir avec un coup de vent. Il faut traiter la situation. Il existe différentes alternatives. L’une est de s’adresser à la justice, au tribunal de commerce. Ce n’est pas infamant. Il existe différents types de procédures en fonction de la gravité de la situation. Voyons lesquelles :



La plus légère est le mandat Ad Hoc. Il est demandé par le dirigeant en cas de difficultés financières ou crise ponctuelle. Un mandataire Ad Hoc est nommé qui agira dans le cadre d’une mission fixée par le président du tribunal. Cela peut être d’assister le dirigeant dans un conflit ou dans une négociation. Ce mandat est confidentiel : les tiers n’en ont pas connaissance. 

La conciliation est demandée par le dirigeant. Son objectif est de mettre en place un accord entre l’entreprise et ses créanciers (ses fournisseurs) pour des délais de paiement ou de remises de dettes. L’accord est confidentiel sauf s’il fait l’objet d’une homologation par le tribunal, auquel cas il fera l’objet d’une publication. 

La sauvegarde est demandée par le dirigeant. Elle a pour but de favoriser la réorganisation de l’entreprise pour permettre la poursuite de son activité, le maintien des emplois et l’apurement du passif. La société ne doit pas être en cessation de paiement. Nous rentrons ici dans une procédure plus lourde, où le tribunal de commerce va nommer des organes de la procédure, comme le représentant des créanciers, l’administrateur judiciaire, le juge-commissaire. Cette procédure est publique. Elle fera l’objet d’une mention sur le K Bis de la société. Elle va permettre de geler les dettes antérieures à la demande. Elle donne les moyens à l’entreprise de prendre les mesures en vue de son rétablissement. 

Le redressement judiciaire peut-être demandé par le dirigeant, mais par d’autres personnes comme les créanciers, les salariés … La société est dans la situation où elle ne peut pas régler ses dettes. Il est important de noter que l’ouverture de la procédure doit avoir lieu dans les 45 jours de la cessation des paiements. La procédure est bien entendu publique. Elle figurera sur le K Bis. Le tribunal de commerce va également nommer des organes de procédure. Une période maximum de 6 mois est ouverte pour réaliser un diagnostic économique et social afin de trouver des solutions. La sortie de crise peut-être la mise en place d’un plan de continuation. Il permettra à l’entreprise de poursuivre sa route, avec les ajustements qui auront été nécessaires pour que cela soit possible. L’autre solution est la liquidation judiciaire. 

La liquidation judiciaire peut-être demandée par le dirigeant, mais par d’autres personnes comme les créanciers, les salariés … ou ordonnée par le Président du tribunal. Elle a lieu quand l’entreprise est en cessation de paiement, et n’a pas la capacité à être redressée. La procédure est publique. Elle sera donc inscrite sur le K Bis. L’objectif est simple : liquider l’entreprise en payant un maximum de créanciers.  

Il existe donc un arsenal de dispositifs qui permettent à l’entreprise de se sortir d’une mauvaise passe. A part la liquidation, toutes les autres ont d’abord pour vocation d’essayer de trouver des solutions. Il faut encore que l’entreprise soit réactive, et n’attende pas la dernière minute pour saisir ces instances. N’oublions pas qu’à partir du redressement judiciaire, la responsabilité du dirigeant peut être recherchée. Il sera alors engagé bien au-delà du capital qu’il a mis dans la société. 

 

 
Michel Pivot (4 février 2014)
DAF Evolution


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