mardi 24 juin 2014

Croissance Externe : l’achat n’est que la première étape

Pour faire croître votre société, il n’existe au fond que 2 solutions : la croissance organique (l’augmentation de votre propre chiffre d’affaires) ou la croissance externe. Pour cette dernière il est bien entendu nécessaire d’avoirs les moyens financiers de procéder à une acquisition. Il faudra en effet payer les actionnaires afin qu’ils consentent à vendre leur société. La transaction est finalisée, vous êtes l’heureux propriétaire de la société, vous pensez que vous avez fait le plus dur. Détrompez-vous, vous avez fait le plus facile. Voyons pourquoi?
                           

Acheter une société ne présente en général un véritable intérêt que s’il est possible de l’intégrer dans l’ensemble actuel. Il faut identifier les synergies et les utiliser au maximum. Ce sont elles qui vont permettre d’améliorer les profits et de développer le nouvel ensemble. Pour cela, l’élément clef, ce sont les hommes. Vous pouvez décider ce que vous voulez, si les équipes ne sont pas prêtes à les mettre en place, il est certain que vous n’obtiendrez pas ce que vous souhaitez. 

Il faut bien comprendre que pour le personnel de la société reprise, cette vente est souvent un choc. Il le sera d’autant plus qu’il n’était pas informé de la transaction, que la société se portait bien et qu’elle était indépendante. On se trouve, en fait, souvent confronté à un choc culturel. La première réaction dans ce cas là, est en général le rejet, et le recroquevillement sur ce que l’on connaît : son entreprise, sa culture. 

Imaginez qu’en plus, pour utiliser les synergies au maximum, on soit obligé de supprimer des doublons. Cela signifie qu’il y aura des licenciements. Cela implique également qu’il faudra choisir qui part et qui reste. Celui ou ceux qui vont faire ce choix sont bien entendu salariés de la société qui a fait l’acquisition. Il est plus que probable qu’ils licencieront des salariés de la nouvelle filiale, tout simplement parce qu’ils ne les connaissent pas. Cela va bien entendu avoir un impact fort sur l’adhésion de ceux qui restent au nouveau projet. 

La clef du succès est pourtant que le personnel de la nouvelle filiale accepte de jouer le jeu et voit cette acquisition comme une opportunité de faire des nouvelles choses. Cela passe, on le comprend bien, par l’adhésion. La dimension de la communication et la compréhension de la culture de l’autre sont des éléments fondamentaux. C’est la dimension humaine et sa prise en compte qui vont permettre la réussite du projet. 

En matière de fusion d’entreprise, le taux d’échec des fusions est de l’ordre de 50%. La greffe ne prend pas. Cela est en général catastrophique pour les 2 sociétés. Il n’y aura jamais bien entendu une garantie de succès, mais il est essentiel d’intégrer la dimension humaine dès le début du processus d’acquisition. Cela permettra éventuellement de ne pas faire le projet, car l’écart culturel sera jugé comme trop important. Cela permettra également de mettre en place le processus humain d’intégration qui est en fait la vraie clef du succès. 

 

Michel Pivot (24 juin 2014)
DAF Evolution
 

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