mardi 3 avril 2018

Affacturage - Attention aux coûts cachés

Vous avez besoin de financement à court terme et vous avez choisi, ou la banque vous a indiqué qu’elle pouvait mettre en place une ligne d’affacturage. Bien entendu, vous allez faire jouer la concurrence pour déterminer quelle sera la meilleure offre. Parmi vos éléments de décisions, il y a forcément son coût. Certains coûts sont évidents, mais d’autres sont plus subtils, il est donc nécessaire de bien comprendre les mécanismes pour bien les appréhender. Voici quelques éléments:
 
Parmi les coûts clairement identifiés, il y a la commission d’affacturage qui couvre la mise en place du contrat. C’est ce que la banque vous facture dans tous les cas, que vous tiriez beaucoup ou peu d’argent sur cette ligne. Cela correspond pour vous à un coût fixe, vous avez donc intérêt à ce qu’il soit le plus faible possible. Vous avez ensuite la commission de financement. Celle-ci rémunère la banque pour l’argent qu’elle vous prête. C’est donc un coût variable. Enfin, vous avez les différents coûts qui sont les frais de dossier. La banque vous fera payer ces frais par exemple pour l’ouverture d’un nouveau client, d’un dossier contentieux. Nous rentrons déjà ici dans ce qui pourrait être appelé des coûts cachés. En effet, les entreprises ont du mal à évaluer en début de contrat ce que cela va représenter. Toutefois pour que le contrat d’affacturage continue à être utile, il doit s’adapter à la réalité de votre business et suivre son évolution.

 
Parmi les coûts cachés, il faut parler des réserves que prend la banque. Les réserves c’est l’argent que la banque ne finance pas pour se prémunir des risques qu’elle envisage. Il y a la réserve générale qui a pour but de couvrir le risque général et prendre en compte les non-valeurs (elles correspondent aux avoirs que vous faites). Il y a les réserves spécifiques liées à votre métier et à votre activité. Les plus fréquentes sont celles qui correspondent aux RFA (remises de fin d’année) ou au retard de paiement des clients. Plus ces réserves sont élevées, moins vous êtes financés et donc plus le financement vous coûte cher. Car vous payez les différentes commissions, mais cet argent n’est pas disponible. Il est donc important de comprendre les natures de ces réserves, voir ce qui les motive, les négocier avec les banques, mais également voir en interne ce que vous pouvez faire pour permettre leur réduction (par exemple, mieux relancer les clients).

 
Enfin, il ne faut pas ignorer le coût du suivi du contrat d’affacturage. Quand vous avez une ligne de découvert, vous n’avez aucun travail spécifique à faire, donc pas de surcoût de fonctionnement. Mais pour l’affacturage, il vous faut suivre de près le fonctionnement du contrat, cela va entraîner des écritures spécifiques et des rapprochements réguliers entre votre comptabilité et le suivi du factor. Ce coût est difficile à évaluer, mais il existe et ne doit pas être négligé.

Mettre en place un contrat d’affacturage n’est donc pas anodin. Son coût est relativement élevé quand on fait la somme de tout ce que cela induit. Il y a les coûts clairement identifiés et les autres. Il est donc important de négocier, mais vous pouvez constater également qu’une partie des coûts est liée à votre fonctionnement. Vous devez donc également vous organiser.

 

 
Michel Pivot (3 avril 2018)                                
DAF Evolution

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