mardi 24 février 2015

Le seuil de rentabilité - pourquoi faire?

Vous avez certainement entendu parler de point mort. Votre expert-comptable vous en a sûrement parlé. Le point mort c’est quand votre société atteint le seuil de rentabilité. C'est-à-dire le moment où votre entreprise devient rentable. Il est important de comprendre comment cela se calcule, pour savoir comment s’en servir. Voyons tout cela :


Le calcul du seuil de rentabilité est en théorie assez simple. Il correspond au moment où la marge dégagée sur vos charges variables couvre l’ensemble des charges fixes de l’exercice. Cela signifie que chaque vente additionnelle générera un résultat qui correspondra à votre marge sur les coûts variables. Il est évident que plus cette marge est atteinte tôt dans l’année, mieux cela est pour votre entreprise. 

Le point mort peut se calculer pour l’ensemble de la société. Toutefois, en règle générale, la société ne vend pas qu’un seul produit ou service. Il est donc intéressant d’analyser la contribution de chacun à l’atteinte de ce seuil de rentabilité. Bien entendu, le calcul est fortement impacté par les décisions que vous prenez dans la répartition des charges indirectes. Il est donc important que cette répartition soit faîte avec bon sens et le plus correctement possible. 

Pour atteindre le point mort le plus rapidement possible, il faut baisser les charges fixes. A la limite, si vous n’avez que des charges variables, le point mort est atteint dès la première vente, si toutefois le prix de vente est supérieur aux charges variables. C’est d’ailleurs la recommandation que l’on peut faire aux entreprises en création : pas de charge fixe. Il est beaucoup plus difficile pour une entreprise en activité d’être dans une telle situation, ne serait-ce que parce qu’il y a des loyers ou des salaires à payer tous les mois. 

Votre rôle, en tant que dirigeant, est donc de connaître votre point mort. Vous devez savoir comment il est calculé. Il s’agit alors pour vous de voir comment il est possible de rendre variables certaines charges fixes. Dans certains cas cela peut-être assez facile, en utilisant la sous-traitance ou l’intérim. D’autres charges ne pourront que très difficilement être variabilisées. Par exemple, les loyers de vos bureaux font l’objet d’un bail. Cette charge sera difficile à rendre variable, mais vous pouvez essayer de la faire baisser (locaux plus petits, locaux plus loin dans une zone moins chère). 

Rendre les charges variables n’a pas que des effets positifs. Le contrôle que vous avez sur ces charges est moins élevé. Par exemple : utiliser des intérimaires pour un surcroît de travail peut être rentable, car cela vous évite d’embaucher une ou plusieurs personnes à l’année, alors que vous en avez besoin que quelques mois. Par contre, il sera difficile d’avoir toujours la même personne. Elle devra gérer son propre agenda, ce qui implique que sa motivation ne sera pas forcément en ligne avec ce que vous attendez. 

Il est donc important de connaître son point mort. Il est essentiel de savoir comment il est calculé pour savoir quels sont les éléments sur lesquels on peut jouer pour le faire baisser. Toutefois dans les actions à mener, il faut toujours mesurer les gains à court terme (abaisser le point mort) avec les impacts à plus long terme (baisse de qualité, de contrôle…). C’est en comprenant bien ces deux aspects que l’on peut agir efficacement sur le seuil de rentabilité.
 

 

Michel Pivot (24 février 2015)
DAF Evolution
 

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