mardi 7 juillet 2015

Audit: mode d'emploi

Dans les entreprises d’une taille importante (chiffre d’affaires supérieur à 100 M€), il existe assez fréquemment un service audit interne. Si les groupes jugent utile d’investir sur ce type de service, c’est qu’ils en voient une utilité pour l’amélioration de leur efficacité. Une PME n’a pas les moyens de se payer ce type de service, mais cela ne signifie pas qu’il ne peut pas y avoir d’audit. Voyons alors comment cela peut fonctionner :

L’audit doit servir à comprendre une situation avec ses forces et ses faiblesses. Elle n’est pas là pour sanctionner, mais elle est là pour aider à construire. Cela ne signifie pas que si l’audit aboutit à des conclusions désastreuses, il n’y aura pas de sanction, mais son optique est de trouver des solutions.

L’intérêt de l’audit est de faire intervenir quelqu’un qui va apporter un œil neuf. L’auditeur ne doit pas être impliqué dans la situation pour deux raisons : il ne doit pas être juge et partie, et il doit aborder la situation sans aucun a priori. Cette personne peut-être quelqu’un qui est interne à l’entreprise. Dans ce cas, il doit comprendre les mécanismes de l’audit, ce qui ne signifie pas qu’il doit être un auditeur professionnel. Mais il doit comprendre que l’audit est comme une enquête policière : elle doit être basée sur des faits. Il est aussi possible de recourir à un cabinet spécialisé. Cela est absolument nécessaire si la compétence n’existe pas en interne. Cela peut être utile pour disposer d’un avis a priori complètement neutre.

Que l’auditeur appartienne à la société ou soit un cabinet externe, il y a des règles qui me semblent immuables. La première et la plus fondamentale est le respect de l’audité. Nous ne sommes pas là pour le juger, mais pour analyser une situation, dans laquelle il a sans doute une part de responsabilité, mais ce qui nous intéresse c’est de comprendre cette situation. Ce respect permet également d’établir une relation de confiance, ou en tout cas de non-méfiance. En effet, l’audit se passera d’autant mieux que les informations seront les plus disponibles possible.

Le second point important c’est qu’un audit se construit sur des faits. Avant de pouvoir émettre une quelconque opinion, il faut s’assurer de la réalité de la solution. Il est donc important de documenter les constats qui sont faits. Il est également essentiel de recueillir un maximum de témoignages différents, à la fois des personnes impliquées directement, mais également de ceux qui le sont indirectement. Ces témoignages seront vérifiés avec des faits concrets. Il est clair ici que si l’audité connaît bien ce type de situation, il est en mesure de comprendre toutes ces implications et de poser les bonnes questions. Cette qualité de questionnement est également indispensable.

Pour terminer, il est donc nécessaire que l’auditeur soit quelqu’un d’ouvert, expérimenté, d’un rapport simple et ne se prenant pas la tête, ni celle des autres. Il doit avoir un esprit d’analyse avec le sens du questionnement. Il doit également pouvoir faire la synthèse de ce qu’il entend, constate et vérifie. Enfin, il doit être dans la construction, car un audit n’est vraiment utile que s’il débouche sur des solutions. 

 

Michel Pivot (7 juillet)
DAF Evolution
 

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